Présentation

Présentation


Lisa Sibillat vit à Bruxelles où elle enseigne le dessin. Elle pratique la gravure, la lithographie, la peinture et réalise des carnets de croquis. Par sa démarche, elle s’intéresse à la frontière entre abstraction et figuration. Elle explore la matière minérale ( la pierre est un matériaux vivant et imprévisible sous l’effet des éléments) initialement exploitée dans son activité de lithographe. La lithographie impose à l’artiste la perte de contrôle et suggère la soumission de son rythme de travail. Dans la série Silhouettes, les personnages éprouvent aussi des difficultés, ils tentent de rester debout, de garder le contrôle malgré les imprévus.

Le minéral est présent également dans la série Fragments. Par des formes denses en apesanteur, Lisa Sibillat offre un travail de composition de figures aléatoires et géométriques tracées à la main. Ces pierres imaginaires et colorées semblent flotter dans l’espace de la feuille qu’elles découpent pour en dévoiler la contreforme. La densité de leurs textures obtenues par superposition de couches d’aquarelle, telles des strates rocheuses tracées en deux dimensions, est intensifiée par le mouvement du papier auréolé et frisé par l’eau. Des paysages oniriques, une chaire veinée, un cœur battant nous apparaissent alors et rappellent le mystère d’une esthétique naturelle qui n’attend pas l’intervention de l’humain pour développer son propre langage.

Le geste lent, répétitif, attentif est également exploité dans la série Murmures. L’artiste y donne vie à des amoncellements de pierres, ramenant à leur plus simple expression des éléments structurels, composants essentiels des paysages ruraux, dont elle s’applique à explorer les interstices. Dans cette construction par le vide, les pierres n’évoluent plus seules dans l’espace mais se tiennent serrées pour composer des fragments de murets.

Le travail de Lisa Sibillat sonde dans un aller retour humble, patient et curieux la ligne fine entre visible et invisible, figuration et abstraction, image fantasmée et réalité. Il rend hommage à la beauté instantanée de ces éléments naturels qui n’existent que par eux-même.

Coraline Gaye


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